L'intégrale stéréo des symphonies de Beethoven, 1958-1963
* Les première et huitième symphonies
En ouverture de cette intégrale - qu'Ernest Ansermet enregistra avec son orchestre entre avril 1958 et septembre-octobre 1963 - deux enregistrements qui ne font pas partie de cette intégrale!
Les première et huitième symphonies, enregistrées en mai 1956, en monophonie*ET* en stéréophonie (voir les versions mono sur la page précédente). Et dont je viens enfin de trouver un exemplaire du disque stéréo, le mystérieux CS 6120, après l'avoir cherché pendant longtemps... Et entretemps j'ai en plus constaté que ces enregistrements de 1956 ont été réédités au moins une fois, sous le label London STS 15032 (dans la "STEREO Treasury Series"): ce disque porte en effet les mêmes désignations de matrice que le CS 6120.
Pour ces deux symphonies il est très important de vérifier les désignations de matrice, car les quelques discographies que je connais mélangent allégrement les enregistrements de 1956 et de 1963! 1956 -> ZAL 3216/3127, 1963 -> ZAL 6161/6162.
C'est pourquoi je peux vous offrir ces deux enregistrements stéréos en ouverture de l'intégrale, et en exclusivité: ces deux enregistrements ne sont jamais parus sur CD! Bien entendu les deuxièmes enregistrements de ces symphonies, effectués en 1963, suivront, mais seulement en 2015, le disque ayant été publié en 1964...
Après avoir numérisé, écouté et réécouté les enregistrements de ces deux symphonies effectués en stéréophonie en 1956... Déjà à la qualité technique de l'enregistrement il est compréhensible qu'Ernest Ansermet ait tenu à refaire ces deux enregistrements à la fin de son intégrale, en 1963. Em 1956, la technique était bien sûr beaucoup moins avancée: Decca n'avait commencé d'enregistrer en stéréo que deux ans auparavant - en mai 1954 - et du point de vue de la prise de son et/ou de la gravure, ces deux enregistrements stéréo de 1956 ne sont hélas pas parfaits, surtout en ce qui concerne le CS 6120, du moins l'exemplaire que je possède. Le STS 15032 est d'une qualité meilleure. Nous verrons en outre un peu plus bas, dans la huitième symphonie, que c'est probablement un détail important dans le premier mouvement de cette huitième symphonie qui doit avoir joué un rôle décisif.
Mais ces deux enregistrements de 1956 sont quand même deux documents très précieux, qui méritent d'être sauvegardés! Le manque de qualité technique est toutefois assez curieux, car la sixième symphonie de Tschaikowsky, qui a été enregistrée que 6 mois plus tard, est d'une qualité technique bien meilleure?! L'équipe technique n'est pas la même, est-ce-que c'est ceci qui a joué un rôle important?
* La symphonie No 1, Op. 21, Enregistrement STÉRÉO de 1956
Il est intéressant de comparer les durées des mouvements dans cet enregistrement de 1956 avec ceux de l'enregistrement de 1963:
Dans chaque mouvement Ernest Ansermet avait en 1956 un tempo un peu plus rapide qu'en 1963. Est-ce-qu'il s'agit là tout simplement d'une nécessité dictée par la place disponible à l'époque sur une face de disque? Avec les durées de 1963 la symphonie n'aurait effectivement pas tenu sur une seule face d'un disque de 1956. Je pense que c'est cette question de place qui a été décisive, car dans la huitième symphonie, les durées des 2e, 3e et 4e mouvements sont très semblables dans les deux enregistrements, du fait que la huitième symphonie était déjà plus courte, à cause d'une particularité dans le premier mouvement, voir la suite plus bas...
Voici donc d'abord...
Ludwig van Beethoven, Symphonie Nr. 1, C-Dur, Op. 21, Orchestre de la Suisse Romande, Ernest Ansermet, mai 1956, Victoria-Hall, Genève (1. Adagio molto - Allegro con brio 08:37:000, 2. Andante cantabile con moto 06:23:000, 3. Menuetto. Allegro molto e vivace 03:36:000, 4. Finale. Adagio - Allegro molto e vivace 05:37:000) STÉRÉO
... que je vous offre en exclusivité, vous pouvez l'obtenir en...
129 MB, 4 fichiers FLAC et 1 fichier TXT, LONDON CS 6120, ZAL 3126-2E -> WAV -> léger "ClickRepair" -> FLAC
Disponibilité actuelle (janvier 2010) sur CD: inutile de chercher, cet enregistrement n'est jamais paru sur CD. Sur CD n'est paru que l'enregistrement fait sept ans plus tard, en 1963.
* La symphonie No 8, Op. 93, Enregistrement STÉRÉO de 1956
La huitième symphonie sur l'autre face du disque... La durée assez courte du premier mouvement est typique d'une certaine particularité, et contribue à rendre encore plus compréhensible le fait qu'Ernest Ansermet a tenu à refaire cet enregistrement à la fin de son intégrale, en 1963!
Dans cet enregistrement de 1956 Ernest Ansermet ne fait pas la reprise de l'exposition dans le premier mouvement, ce qui conduit à une réduction de sa durée d'env. 2 1/2 minutes. Est-ce-que c'était par habitude - à l'époque il était encore fréquent de ne pas faire cette reprise, Furtwängler ne la fait pas non plus dans ses enregistrements de 1948, avec l'Orchestre Philarmonique de Stockholm, et de 1953, avec l'Orchestre Philarmonique de Berlin - ou bien seulement dicté par la place disponible sur une face du disque?Avec la technique de 1956, et avec la reprise, la symphonie n'aurait effectivement pas pu être mise sur une seule face. Je n'ai pas (encore) pu trouver de source donnant une réponse exacte à cette question. Dans son deuxième enregistrement - de 1963 - Ernest Ansermet fait par contre cette reprise.
On voit que dans les 2e, 3e et 4e mouvements les temps sont sensiblement identiques, seulement une petite accélération dans le dernier mouvement, 1/4 de minute de moins, les 2 1/2 décisives étant "rognées" dans le premier mouvement, soit en tout près de trois minutes. Pour ceux qui sont intéressés par un peu plus de détails, voir les profils donnés au bas de cette page.
Une pratique encore tout-à-fait courante vers la fin des années 50, la critique de l'époque n'en fait d'ailleurs pas du tout mention:
"[...] Ansermet in Beethoven is something of a surprise and Decca have hitherto recorded him only in the things he is known to do supremely well. These two symphonies are not the supreme test of a Beethoven conductor, of course, but his habit of slightly slowing cantabile tunes in the Eighth, especially in the finale, suggests that he might not be an ideal choice for the Eroica, say: the rhythm and "spin" are slightly lost. But the First Symphony comes off admirably, especially as he gets extremely neat playing and a very good recording. And, with that one slight reservation, so does the Eighth. For a pairing of these symphonies this is a recommended disc.[...]"
Elle souligne même l'avantage de ce disque d'avoir la première symphonie sur une face et la huitième symphonie sur l'autre face, sans mentionner que ceci provient de cette fameuse coupure dans la huitième symphonie, qui n'aurait autrement pas pu tenir sur une seule face:
"[...] For a pairing of these symphonies this is a recommended disc. And if you want the really outstanding performance of either, the trouble is that they are tied up with three sides of the Ninth Symphony—Toscanini's First and Karajan's Eighth (reviewed in this issue). [...]T.H."
Ludwig van Beethoven, Symphonie Nr. 8, F-Dur, Op. 93, Orchestre de la Suisse Romande, Ernest Ansermet, mai 1956, Victoria-Hall, Genève (1. Allegro vivace e con brio 07:25, 2. Allegretto scherzando 03:51, 3. Tempo di Menuetto 05:28, 4. Allegro vivace 07:45)
... que je vous offre, vous pouvez l'obtenir en...
130 MB, 4 fichiers FLAC et 1 fichier TXT, LONDON STS 15032, ZAL 3127-2W -> WAV -> très léger "ClickRepair" -> FLAC
La qualité de surface de mon disque est excellente, je n'ai du faire qu'un très léger "DeClick". MAIS... La qualité technique de l'enregistrement n'est hélas pas la meilleure, très perceptible dans les passages forts.
Le LONDON CS 6120 utilisé pour la première symphonie, avec son image très typique
Le STS 15032 dont j'ai numérisé la huitième symphonie: le graphisme de sa couverture est semblable à celui des symphonies enregistrées entre 1958 et 1963, ce qui fait qu'on peut facilement le confondre avec l'enregistrement de 1963. La désignation de la matrice permet toutefois de l'identifier formellement.